inscription du légendaire « chat-renard » corse en tant que nouvelle espèce

Le chat sauvage corse, connu sous le nom de ghjattu-volpe (chat-renard), est plus grand qu’un chat domestique et présente des marques distinctes. Les spécialistes font pression pour obtenir sa classification officielle

Les experts espèrent que les recherches sur le chat sauvage corse appelé ghjattu-volpe (chat-renard), longtemps considéré comme une légende locale, permettront de le classer comme une nouvelle espèce.

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L’OFB, l’agence française pour la biodiversité, est à l’origine de cette classification et prévoit de publier l’année prochaine un article présentant les principales recherches menées dans ce domaine.

Le dossier sera ensuite transmis à l’Institut international pour l’exploration des espèces, qui décidera si le chat-renard doit être inscrit sur la liste des espèces, à laquelle seules 10 espèces sont ajoutées chaque année sur 18 000 demandes.

Une petite équipe de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), dirigée par Pierre Benedetti, étudie l’animal depuis 2008.

Depuis son enfance, M. Benedetti a entendu des histoires sur le chat-renard, un animal rayé au pelage épais qui s’attaquerait aux moutons et aux chèvres dans les collines corses.

Plus grand qu’un chat domestique, avec des marques distinctes, le chat-renard aurait traqué les troupeaux de bovins et sucé leurs mamelles, selon les récits transmis.

Jusqu’à récemment, personne, hormis les bergers locaux, n’avait vu l’animal. En tant que responsable de l’unité de gestion des espaces naturels et de la faune terrestre de Corse, M. Benedetti s’est consacré à leur traque.

Il a déclaré : « J’avais entendu parler de cet animal depuis mon enfance mais nous ne l’avions jamais vu. Il y avait cette mythologie qui l’entourait, mais nous en avons capturé une vingtaine au cours des dix dernières années.

« Le renard-chat n’a rien à voir avec le renard. C’est un chat. En fait, c’est l’ancêtre du chat domestique. » Les cages sont installées dans la réserve de chasse et de faune sauvage d’Ascu.

« Nous sommes sur un site qui convient au renard-cat. Il y a des rochers, donc des abris, des forêts, et donc des proies. « Nous avons également de l’eau et nous sommes relativement éloignés des principales zones d’activité humaine. Ce territoire offre donc la tranquillité aux animaux. »

Grâce à des appâts et des odeurs, il a pu capturer un petit nombre d’animaux qui ont été anesthésiés pour être mesurés, pesés et photographiés avant d’être libérés. « Le chat-renard mesure environ 85 cm de long avec la queue. Il a des marques phénotypiques bien identifiées mais ce n’est pas la taille qui le différencie.

« Il y a la couleur du pelage, la texture, la largeur des oreilles… beaucoup d’éléments qui le différencient d’un animal domestique. »

Neuf chats-renards ont été suivis à l’aide de colliers GPS. Cela a révélé qu’ils peuvent parcourir de grandes distances et monter jusqu’à 2 000 m d’altitude.

Des scientifiques de Lyon et de Paris ont contribué à la compréhension de l’animal en étudiant ses gènes et son histoire à partir d’ossements retrouvés sur des sites archéologiques.

« Bien sûr, c’est un travail qui me passionne », a déclaré M. Benedetti. « Sans passion, un travail comme celui-là est impossible, d’autant plus que personne ne croyait au chat-renard. Mais ce ne sera un véritable succès que lorsqu’il figurera sur la liste reconnue des espèces sauvages.

« Nous devons terminer l’analyse de son génome, et une fois que nous aurons clarifié et publié les caractéristiques de son phénotype, c’est-à-dire l’aspect extérieur et son génotype, sa carte d’identité génétique, nous pourrons commencer le processus de reconnaissance. »

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